Recrutement de femmes à des postes exécutifs au Luxembourg, un grand oui… mais

recrutement des femmes à des fonctions dirigeantes

Le Luxembourg est un pays exemplaire en matière de diversité à la tête des entreprises. Même si nous avons encore beaucoup à apprendre des pays nordiques sur ce sujet, au Grand-Duché, les femmes à des fonctions dirigeantes sont bel et bien présentes. Cependant, pour nous recruteurs, les repérer et les attirer est relativement difficile. Nous avons fait le point à ce sujet et aujourd’hui, nous vous livrons le résultat de notre expérience du recrutement des femmes à des fonctions exécutives

Des employeurs favorables à la diversité dans les shortlists

Oui, ces dernières années, nous avons constaté une réelle volonté des employeurs d’ouvrir leurs processus de recrutement de manière équitable aux hommes et aux femmes. Selon Nathalie Delebois, Directrice chez Do Recruitment Advisors, cette volonté est d’ailleurs de plus en plus souvent formalisée dans les contrats de partenariat. Les employeurs souhaitent préciser l’engagement des recruteurs d’inclure dans les recrutements des profils divers et sans discrimination de sexe

Chez The Recruiter, le constat est identique. La demande de profils féminins dans les shorts listes est bien présente, et à compétences égales, les employeurs sont prêts à engager des femmes à des fonctions dirigeantes. Dans ce cas pourquoi les recruteurs peinent-ils à trouver des candidates à présenter à leurs clients ? Selon Nicolas Hurlin, il convient de relativiser. Tout est une question de secteur. Les secteurs de la santé et de la finance sont bien plus représentatifs de la diversité présente dans la société civile. Le déséquilibre homme/femme aux postes dirigeants y est beaucoup moins marqué.

Ingénierie, informatique, industrie… où sont les femmes ?

Contrairement au bassin méditerranéen, le manque de profils techniques féminins au Luxembourg est une réalité. Ici, certains secteurs sont encore presque exclusivement masculins C’est notamment le cas de l’ingénierie explique Noura Barghane, spécialiste du recrutement dans ce domaine chez Michael Page. Les employeurs sont à la recherche de profils féminins pour diversifier leurs équipes, mais dans les filières qui mènent à ces métiers, elles sont encore fortement sous-représentées. 

Pour Nathalie de Lira, directrice chez Select Luxembourg, on ne peut pas dire que rien ne change en matière de recrutement des femmes. Au contraire, elle constate une augmentation de la diversité sur certains métiers techniques et également une augmentation du nombre des candidatures féminines à des fonctions de direction. Mais oui, le chemin est encore long, notamment dans le secteur de l’IT ou de l’automobile, constate-t-elle..


Le saviez-vous ? : Selon l’étude « The Nobel Prize gender Gap », sur 610 personnalités récompensées d’un prix Nobel scientifique, seules 23 sont des femmes. Un chiffre à relativiser, car dans L’Union européenne, la proportion de femmes dans les milieux scientifiques est d’environ 30 % selon l’étude « Women in Science » réalisée par l’UNESCO. 

nombre de femmes ayant eu un prix nobel scientifique

Les femmes moins visibles des recruteurs

Travailler sa marque personnelle est bien plus courant chez les hommes que chez les femmes. En tant que recruteur, il n’est pas évident de proposer une short list avec un nombre identique de profils masculins et féminins. Les réseaux professionnels, qui sont pour nous des canaux centraux de recherche de candidats, comptent toujours plus d’utilisateurs hommes, constate Nathalie Delebois. Donc Mesdames, soyez visibles ! 

C’est aussi ce que pense Anne-Gaelle Calmes. Senior Consultante dans le secteur de la finance chez GoToFreedom. Elle constate que dans le cadre d’un recrutement pour une fonction dirigeante, sur 10 candidats, 1 est une candidate. Pourtant, la demande des employeurs et notamment des groupes anglo-saxons est là… mais nous ne pouvons tout simplement pas y répondre, explique-t-elle. Comme nos confrères, nous éprouvons des difficultés à identifier des cadres dirigeantes sur le marché luxembourgeois.

Inclusion féminine en entreprise : Et si tout se jouait avant l’arrivée sur le marché de l’emploi ?

La sous-représentation des femmes dans certains postes et secteurs d’activité s’explique par des paramètres multifactoriels ex-post (c’est-à-dire avant leur arrivée sur le marché de l’emploi). L’environnement socio-culturel mais également la pression sociale dans laquelle évoluent les femmes influencent leurs décisions et donc leur futur métier. 

Si le Luxembourg n’est pas un mauvais élève sur cette question de parité, il reste une marge de manœuvre afin de féminiser durablement la fonction de CEO. Il s’agit d’un chantier sur le long terme que les entreprises peuvent d’ores et déjà amorcer en prenant en compte les enjeux du statut de la femme en entreprise. Les universités ont également un rôle à jouer, notamment en sponsorisant plus de femmes dans des voies considérées comme plus masculines. 

Recrutement des femmes : des progrès et des projets en cours

Le Luxembourg est un territoire d’opportunités professionnelles pour les femmes. Dans son numéro de mars 2022, le Paperjam mettait à l’honneur 50 femmes CEO. L’Union des Entreprises luxembourgeoises (UEL) et le ministère de l’égalité des chances ont quant à eux créé en 2004 la Fédération des Femmes Cheffes d’Entreprises du Luxembourg (FFCEL). Son rôle ? :

  • Encourager l’accession des femmes à des fonctions dirigeantes dans les divers secteurs de l’économie
  • Aider les femmes à étendre leur réseau au Luxembourg et à l’étranger
  • Promouvoir la vision politique et sociale de femmes créatrices de valeurs et d’emplois

À plus large échelle, le Conseil National des femmes du Luxembourg (CNFL) regroupe 12 associations œuvrant dans la construction d’une société d’égalité femmes/hommes.

En tant que recruteurs, nous ne pouvons qu’encourager les femmes à oser prendre leur place aux plus hautes fonctions des entreprises. On les y attend.

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