Attractivité du Luxembourg

Comment renforcer l'attractivité du Luxembourg auprès de profils hautement spécialisés ?

Dans un marché de l’emploi très ouvert sur l’international, sur quels éléments faut-il miser pour maintenir, voire renforcer, l’attractivité du Luxembourg , surtout auprès des profils hautement spécialisés et fortement sollicités ? 

Gwladys Costant et Nicolas Hurlin, Co-Présidents de la fr2s se sont exprimés à ce sujet dans l’Écho des entreprises N°5 et évoquent des pistes à explorer pour lutter contre la pénurie de main d’œuvre qui touche le Grand-Duché et rendre le pays plus attractif aux yeux des professionnels.

Une image attractive qui s’érode

L’image attractive du marché du travail luxembourgeois s’est malheureusement érodée avec le temps. Luxembourg étant en concurrence avec le reste de l’Europe (voire du monde), la pénurie de candidats s’est accrue post-covid et génère de l’inflation salariale (couplée à l’index salarial) qui affaiblit considérablement la compétitivité des entreprises. 

Pendant ce temps, des pays membres de l’UE et particulièrement les pays frontaliers ont fait des efforts conséquents en matière de rétention et d’attractivité. Pour préserver son modèle économique, le Luxembourg doit œuvrer sur plusieurs axes allant de la fiscalité à la communication nationale.

La présence de « pointures » d’envergure internationale permettrait d’attirer naturellement la jeune génération d’actifs. Malheureusement aujourd’hui, nos membres constatent qu’à rémunération brute égale, la différence de salaire net entre un salarié luxembourgeois et un salarié étranger ne justifie plus à lui seul l’envie de venir travailler au Luxembourg, pays où le coût de la vie et du logement est très élevé. 

Nous devons valoriser le Luxembourg à l'international

Un travail important en matière de communication nationale serait également nécessaire. La fr2s recommande la création de postes de professionnels de la communication spécialisés dans la valorisation du Luxembourg à l’international (comme il en existe dans certains secteurs), pays qui reste bien souvent méconnu ou, pire, connu avec des a priori négatifs. Le Luxembourg gagnerait en crédibilité auprès des travailleurs étrangers s’il entamait une communication méthodique et un vrai travail de conquête des talents hors de ses frontières. 

 

 

Parmi les autres pistes à explorer, la fr2s propose la création d’un alumni national doublé d’un incitant fiscal pour donner envie aux personnes originaires du Luxembourg ou y ayant étudié, de revenir y poursuivre leur carrière après avoir quitté le pays. 

Enfin, à défaut de trouver des talents prêts à embaucher, les entreprises devraient être d’autant plus encouragées financièrement à former elles-mêmes les ressources dont elles ont besoin. La formation serait bénéfique pour l’ensemble du pays et fluidifierait le marché de l’emploi pour permettre des carrières inter-métiers et inter-secteurs. Le manque de formation pénalise largement l’ensemble du pays aujourd’hui. 

La loi sur les ressortissants des pays-tiers : un premier pas intéressant

La loi sur les ressortissants des pays tiers est un premier pas intéressant pour intégrer de nouveaux talents. Encore faut-il qu’ils soient formés aux spécificités du marché du travail luxembourgeois à travers des centres « d’Up-skilling » internes aux entreprises ou étatiques ou à des formations universitaires proches des besoins des entreprises, y compris en alternance, peu développé au Luxembourg

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